Le SIC responsable de congés de maladie « selon les milieux syndicaux ».

Par le biais des médias, nous avons appris que, « selon les milieux syndicaux », qui restent totalement anonymes par souci de commodité, notre organisation serait le moteur de la soudaine augmentation de l’absentéisme parmi le personnel des trains. Même dans le climat actuel des fake news, cette information n’a pas beaucoup de sens. De plus, elle implique que le corps médical serait un complice silencieux de ce complot imaginaire. 

Nous regrettons profondément que ces rumeurs – accusations ? – soient reprises aveuglément par les médias nationaux. Pire encore, ces derniers n’ont apparemment pas ressenti le besoin ni de prendre contact avec nous, ni de vérifier ou confirmer leurs sources. Non, ces basses insinuations d’autres organisations ont été reprises mot pour mot. Ainsi, les médias sont devenus, malgré eux, une marionnette dans le but de présenter le SIC sous un mauvais jour. Mission accomplie.

Soyons très clairs : nous n’étions pas au courant d’une quelconque action. Nous doutons même que l’on puisse parler d’une “action”, et encore moins que nous l’aurions organisée.

En fait, ce phénomène ne devrait pas du tout nous surprendre. Nos collègues travaillent d’arrache-pied depuis des années pour assurer un service de train décent, avec leurs jours de repos en perspective, comme la proverbiale carotte. Lorsque ces jours de repos sont supprimés d’un seul trait de plume et que la perspective de pouvoir un jour les récupérer est écartée, il nous semble logique que les gens commencent à s’effondrer. S’il y a eu une augmentation significative de l’absentéisme du personnel des trains ces dernières semaines, nous ne pouvons que l’attribuer à la politique de bien-être boiteuse menée par notre entreprise.

Malgré la politique de contrôle rigoureuse que notre employeur applique, l’absentéisme pour cause de maladie, souvent de longue durée, est alarmant. La conséquence immédiate de cette situation est une augmentation de la charge de travail du personnel présent, une augmentation des refus de congés et des retraits de jours de liberté. La SNCB semble être en chute libre et seul un recrutement massif peut briser cette spirale négative.

La vérité est que la santé de bon nombre de nos collègues ne tient qu’à un fil depuis des années. Lorsque nous, en tant qu’organisation syndicale, devons commencer les consultations sociales en suppliant notre employeur de se conformer au cadre juridique et que nous recevons pendant des années la réponse que ce n’est malheureusement pas possible, personne ne devrait pointer du doigt le personnel qui tombe maintenant malade. Pas la direction, pas ces syndicalistes anonymes de l’article et certainement pas nous.

En effet, le projet unilatéral de la SNCB de rendre obligatoire le paiement des jours de repos et de compensation suscite actuellement une grande agitation. Trente deniers pour balayer sous le tapis une politique du personnel défaillante. La direction n’exprime aucun regret pour avoir enfreint la loi de manière flagrante. Ils ont finalement été pris en défaut et veulent s’en sortir grâce à cette aumône. Ainsi, la consultation sociale semble être une bataille perdue d’avance.

Pendant ce temps, le conseil d’administration, qui veut maintenir un semblant de paix sociale, empêche toute action légitime. Il serait préférable que le CA s’assoie avec le monde politique pour voir comment ils peuvent résoudre cette situation dans l’intérêt de tous. En ce qui nous concerne, en tant que syndicat, cela devrait être un signal fort pour restaurer dans une certaine mesure une fragile paix sociale ;

  • Une évaluation du fonctionnement de cette direction, qui devrait assumer la responsabilité de cette situation biaisée. Ils n’en sont peut-être pas les architectes, mais ils l’ont, à tout le moins, tolérée et prolongée.
  • Le bien-être du personnel doit être mis sur un pied d’égalité avec la mission de la SNCB. Cela n’est possible que si l’offre de trains est adaptée au personnel disponible, en portant une attention particulière aux temps de repos et à la vie sociale et familiale.
  • Les plans d’austérité successifs ont toujours été effectués sur le dos du personnel de terrain. Cela a des conséquences considérables, tant pour le bien-être que pour la sécurité opérationnelle. Malgré cela, la masse salariale semble avoir augmenté. Le nombre de cadres, richement rémunérés, a connu une croissance exponentielle, et ce alors qu’il y a moins de personnes disponibles dans les gares et dans les trains pour assurer un service décent. Cette entreprise devient de plus en plus lourde au sommet et semble plus éloignée que jamais de sa mission de base : un service public décent, avec une indispensable touche personnelle.
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